Comprendre l’horreur de l’écrasement-suicide de la Germanwings grâce à Caligula | Thomas Hellman
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Comprendre l’horreur de l’écrasement-suicide de la Germanwings grâce à Caligula

Comprendre l’horreur de l’écrasement-suicide de la Germanwings grâce à Caligula

Photo : Presse canadienne - Martin Meissner

Photo : Presse canadienne – Martin Meissner


Albert Camus, Caligula

« Le crash (peut-on parler d’accident ?) de l’avion de Germanwings n’a été revendiqué par personne. Rien n’indique que le copilote était un agent de l’État Islamique, ou de Al Qaida, ou d’un groupe d’extrême droite européen. Rien n’indique que l’acte était prémédité. D’une certaine manière, si ça avait été un acte terroriste, ça aurait quelque chose de rassurant, on saurait comment réagir, l’indignation, la révolte, la vengeance éventuellement…

Mais le copilote n’a laissé aucune explication, pas de lettres, pas de paroles prononcés pendant la descente (même s’il savait qu’il était enregistré). Rien que le bruit de sa respiration, régulière jusqu’à la fin.

Ce qui rend cette tragédie si terrible, si traumatisante, si troublante, c’est son absence de sens, la froideur inhumaine (ou trop humaine), l’absurdité de l’acte. Un nihilisme qui est très différent de celui des terroristes islamistes, par exemple, car il n’est pas issu de la foi en dieu, mais au contraire, dans la négation de celui-ci, dans la négation du sens de la vie et de la valeur du monde.

En ce sens, l’acte du copilote Lubitz a quelque chose de très occidental, de très Européen. Il évoque le vide laissé par la mort de dieu, et l’absurde que Camus explore dans sa pièce de théâtre Caligula.

Et l’espoir qui réside dans la révolte. »

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